Récit par Pascal Lluch, guide d'Expérience Pulka

 

Les Guides Nature vous emmènent en arctique…

du côté du Taillefer !

Mais l’hiver ? Les derniers ramasseurs de champignons redescendus, les lieux retrouvent leur calme. Dès les premières neiges, la route depuis l’Alpe du Grand Serre est fermée, et seuls quelques passionnés – et endurants – s’immiscent dans cette nature comme revenue aux temps glaciaires.

Accompagnateurs en Montagne, nous avons démarré l’hiver 2013/2014 une nouvelle activité hivernale, la pratique de la raquette associée à la pulka. Cette barquette que l’on tracte, permet d’emporter plus de matériel que sur son dos, en tous cas avec beaucoup moins de dommage pour ses vertèbres. En effet, la fréquentation de la montagne en hiver demande un équipement beaucoup plus conséquent qu’en été. La pulka permet donc de partir plusieurs jours s’immerger dans le blanc. Après un premier test dans le Taillefer en mars 2014, nous avons eu l’occasion de revenir cette saison établir un camp dans le pré d’Ornon. Certes la route est longue depuis l’Alpe du Grand Serre, mais on s’en éloigne en ligne droite, mettant rapidement

pleinement. Ils n’existent carrément plus !

Le lendemain, nul besoin de se lever aux aurores pour aller se promener sur le plateau vallonné, et monter à l’Aiguillette. Passant les chalets endormis de la Barrière, nous montons vers les crêtes de Beauregard pour prendre pied sur le plateau. On ne suit pas l’itinéraire d’été, mais les croupes plutôt que les versants… Puis nous déambulons à notre guise, à la recherche des traces animales, d’une belle courbe, au gré de notre inspiration. Le chemin est là où nous passons, et non l’inverse. Le sentiment de liberté, que  nous venons tous chercher en montagne, pour lequel elle est aussi un refuge, imprègne nos pas et nos sensations. Ce sentiment est nourri, renforcé par l’autonomie sur 3 jours, permise par la formule raquettes-pulka. La Laponie ou le grand nord canadien ne sont pas loin.
Le Grand Galbert est un bel objectif, à entreprendre avec des randonneurs motivés, surtout s’il faut faire une trace dans la

de raquetteurs sont nombreuses…

L’organisation d’une virée sur plusieurs jours, au cœur de l’hiver, demande une organisation sans faille, une préparation minutieuse, un matériel bien révisé, bien adapté. Et un solide sens de la débrouille. A 2000 m d’altitude en hiver, les conditions peuvent devenir facilement compliquées. C’est cet aspect aussi qui nous plait dans l’organisation de ces séjours. Nous retrouvons l’esprit des voyages et expéditions que chacun de nous trois a pu effectuer au cours de sa vie de voyageur et de guide-accompagnateur. Le désert blanc a bien des résonnances au Sahara et ailleurs…

Cette immersion est accessible à tout randonneur en bonne forme physique.


 

A moins de 40 km au SE de Grenoble, ce massif se distingue de ses voisins, les Ecrins ou Belledonne – dont il est un prolongement : point de sommets élancés, mais une masse imposante, une forteresse, inaccessible pour les uns, fierté pour les autres d’être parvenus au sommet pour contempler un panorama en profondeur sur 360°.

Les richesses naturalistes du plateau qui lui est accolé, 700 m sous le sommet mais à plus de 2000 m, sont bien connues, et la fréquentation l’été est importante, depuis le Poursollet ou Ornon. Mais ce qui attire un nombreux public familial, ce sont bien sûr la multitude de lacs et les vues grandioses sur le géant débonnaire tout proche et les sommets environnants, enneigés la plus grande partie de l’année. Le plateau d’altitude confère à cette randonnée un sentiment d’isolement, d’éloignement que chacun ressent, plus ou moins confusément, attirant de nombreux visiteurs. Ici, au dessus de la forêt et de 1800 m, c’est la toundra, que l’on ne retrouve qu’au nord de l’Europe, de la Russie…

avec la civilisation une distance appréciable… Ne faisant qu’un avec l’attelage, il s’agit de trouver le bon rythme pour ne pas se fatiguer, le léger déhanchement permet de donner une bonne fluidité à notre avance, sans à-coup. Et l’usage efficace des bâtons, le même qu’en ski de fond ou en marche nordique, nous assure un surcroit de puissance d’environ 30% : la magie de la quadrupédie…

Arrivant dans l’après-midi, nous avons le temps de monter la tente mess, d’y installer le poêle à bois, creuser les fosses à froid qui servent de banquettes confortables, et préparer le bon repas du soir ; bien entendu cuisiné à partir de produits frais et locaux. L’usage des lyophilisés ou de la purée en flocons ne nous effleurent même pas. Et le bon vin n’aura guère pesé dans nos bagages... Adossé à la forêt, et protégé des vents du nord, nous admirons la Pyramide, le petit Taillefer, jusqu’au lointain Vercors. En fin de journée, s’installe un silence profond, jouissif. Nous ne sommes même pas obligés de penser à ceux d’en bas pour en profiter

neige fraiche…

Bref, retour au pré d’Ornon en fin de journée pour une seconde nuit, après une belle virée sur le plateau… La chaleur du poêle dans la tente mess est très agréable, sans parler de la convivialité, inexistante lorsque chacun rejoint sa petite tente dôme à cause du froid, en attendant la soupe déshydratée.

Le lendemain, à la faveur d’une météo et d’une lumière exceptionnelles, nous ne résistons pas au plaisir de faire une remontée express sur le bord du plateau, goûter encore un peu à nos privilèges.

Mais il faut rentrer ; le démontage et rangement du camp est assez long, mais nous sommes rodés. La remontée entre le pas des Escaliers et la combe Oursière nous paraitra bien longue. Ceux qui la connaissent voient bien de quoi je parle… Heureusement les raccourcis à travers la forêt nous ramènent rapidement aux voitures, car nous avons changé de monde. Les traces de skieurs,

A propos du matériel

Si les repas sont préparés à partir de produits bio et/ou locaux, l’origine du matériel que nous utilisons et fournissons aux

participants fait aussi l’objet d’une réflexion. Les tentes sont fabriquées par Yves Cartier, à Ambel. Quant aux pulkas, nous les achetons nues, et les équipons entièrement (brancards, accastillage, etc.). Damien Parisse a installé chez lui un pulk’lab, où toutes les solutions ont été imaginées, fabriquées et testées.

 

 

http://www.yves-cartier.com/

http://taillefer.n2000.fr/

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